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[Analyse] Notes sur le 17 novembre

Source : Rouen dans la rue

Nul ne sait encore si le 17 novembre sera une réussite du point de vue des fameux « gilets jaunes » qui ont lancé cet appel ou de ceux qui comptent bien y participer. Seront-ils des milliers à tenir des points de blocage ce 17 novembre et s’agira-t-il du début d’un mouvement quelque peu singulier ? Ou au contraire l’agitation extrême sur les réseaux dits sociaux échouera-t-elle à se traduire en actes réels et effectifs dans la « vraie vie » ?

Quoi qu’il en soit le mouvement autour du 17 novembre a déjà permis de révéler nombres de tendances propre à notre époque.

Ce n’est pas le moindre des mérites de cette journée qui arrive : on partage des posts de soutien ou de critique, mais surtout on discute et on s’écharpe. À un mois près c’était le sujet d’embrouille n°1 le soir de Noël (avant la France et toute-la-misère-du-monde-qu’elle-ne-peut-pas-accueillir, le réchauffement climatique et les gamins rivés sur leurs écrans toute la soirée).

Ce qui frappe de prime abord, c’est la virulence qui anime ceux qui s’opposent à cette tentative de mobilisation à partir d’une position pourtant critique à l’égard du gouvernement et du monde tel qu’il va. Deux types de raisons sont généralement pointées. Premièrement le fait que l’extrême droite serait à l’origine de cet appel (ce qui est faux nous n’y revenons pas), ou qu’elle l’ait rejoint et fait circuler depuis (ce qui est vrai autant par opportunisme que par réflexe disons populiste). Et de toutes façons, derrière les appareils politiques, les réclamations contre le poids excessif des taxes sont alors identifiées comme le propre de la mentalité du petit commerçant fascisant…

… La suite de l’article ici !

[Justice de classe] L’état libère les assassins de Clément Méric

 

Trouvé sur la page fb de Nantes Révoltée.

JUSTICE : NÉO-NAZI EN LIBERTÉ – ANTIRACISTES MENACÉS DE PRISON

Chronique de la justice en France : d’un côté, un néo-nazi violent bénéficie d’une libération très anticipée. De l’autre des anti-racistes non violents risquent la prison. Ces deux évènements ont eu lieu en même temps cette semaine. Tout un symbole.

Hier jeudi 8 novembre, des militants étaient jugés à Gap pour … avoir manifesté le 22 avril dernier contre l’extrême droite. Pour avoir soutenu des réfugiés. Ils sont donc poursuivis pour avoir fait preuve de la solidarité la plus élémentaire, avec des personnes en danger. Et devinez quoi ? Le procureur, qui représente l’État, a réclamé de la prison ferme pour deux inculpés ! Et des peines de prison avec sursis pour 5 autres militants.La justice cherche à enfermer ceux qui n’ont fait qu’aider d’autres êtres humains. Ce réquisitoire judiciaire est d’une extrême gravité, et résonne avec les récentes déclarations pétainistes du président.

En même temps, on apprend qu’Esteban Morillo, le néo-nazi responsable de la mort du jeune Clément Méric vient d’être remis en liberté. Il avait pourtant été lourdement condamné en septembre par un jury populaire, qui l’avait reconnu coupable de « coups mortels avec arme ». La justice décide donc de libérer un militant d’extrême droite violent qui vient d’être condamné par des jurés. Selon les journalistes, cette libération se voulait « discrète » et « en catimini ». S’agit-il d’une remise en liberté anticipée en échange de services ? Ce ne serait pas étonnant, tant les liens entre l’extrême droite et certains services de l’État sont profonds, et tant ce milieu regorge de balances en tout genre. Quoiqu’il en soit, cette affaire a de quoi faire rire jaune, puisque l’extrême droite passe son temps à critiquer le soi-disant « laxisme de la justice ».

Impunité pour l’extrême droite. Harcèlement répressif pour celles et ceux qui s’opposent au racisme. Malheureusement, rien de nouveau, mais toujours aussi révoltant.

Sources :

Aide aux migrants : jusqu’à quatre mois de prison ferme requis contre les «sept de Briançon»
http://www.leparisien.fr/…/aide-aux-migrants-jusqu-a-quatre…

Esteban Morillo, le skin qui a tué Clément Méric, est sorti de prison
https://www.streetpress.com/…/1541761930-esteban-morillo-me…

 

[La police travaille] USA : un policier tue un agent de sécurité noir qui venait de neutraliser un tireur

de la RTBF info du 13/11/18.

Une enquête était en cours mardi après qu’un policier américain blanc eut tué un agent de sécurité noir qui venait de neutraliser un tireur lors d’une fusillade dans un bar de la banlieue de Chicago.

Jemel Roberson, 26 ans, a été abattu aux premières heures de dimanche, alors qu’il était en service dans un bar de Robbins, près de Midlothian, à une trentaine de kilomètres de la métropole du nord. Selon des témoins, cités par les médias locaux, une bagarre venait de se déclencher dans le bar et une personne avait commencé à tirer, faisant des blessés.

Jemel Roberson, qui portait une arme et un uniforme barré de la mention « Sécurité« , avait réussi à neutraliser le tireur avant l’arrivée de la police, selon ces témoins. « Il tenait un homme au sol, avec son genou à terre et son arme dans le dos comme pour lui intimer de ne pas bouger« , a rapporté l’un d’eux, Adam Harris, sur la chaîne de télévision locale WGN.

Arrivé en renfort, un policier lui a tiré dessus alors que « tout le monde criait +sécurité, c’est un gardien de sécurité+« , a ajouté Adam Harris. « Il a vu un homme noir avec une arme et il l’a tué« , a-t-il estimé.

Une enquête ouverte

Jemel Roberson était « un homme bon qui faisait de son mieux pour mettre un terme à une fusillade« , a reconnu dans un communiqué le chef de la police de Midlothian, Daniel Delaney, en présentant ses condoléances à la famille.

La police de l’Illinois a ouvert une enquête sur « cet événement tragique » pour « assurer la transparence et maintenir la confiance du public« , a-t-il ajouté. Le nom du policier n’a pas été divulgué mais une source au commissariat a confirmé qu’il était blanc, en précisant qu’il avait été suspendu.

La famille de Jemel Roberson, qui est décédé à l’hôpital, a déposé plainte contre le policier et le village de Midlothian pour « usage excessif de la force« . Ce décès s’inscrit dans une longue série de bavures policières impliquant souvent des agents blancs contre des hommes noirs, qui ont donné naissance au mouvement « Black Lives Matter » (la vie des Noirs compte).

[la police travaille] Tous les uniformes ne sont pas bleus

de A.V. du journal Vers L’avenir du 14/11/18.

Des élèves choqués par un contrôle TEC-police: «Les bus étaient encerclés»

Un contrôle effectué lundi soir dans des bus du TEC a marqué les esprits d’étudiants des écoles de Welkenraedt.

«Après nos cours, (NDLR: vers 16 h 30), nous nous sommes rendus à la gare des bus, comme d’habitude. En arrivant, le chauffeur a ouvert toutes les portes. Ça n’arrive pas souvent. Vu le monde, beaucoup en ont profité pour entrer par l’arrière afin d’avoir une place assise. Une fois au niveau de la place de Welkenraedt, le bus a changé d’itinéraire pour se diriger vers le site des pyramides (NDLR: le centre culturel). Là, nous avons vu des policiers et des contrôleurs du TEC. Les bus étaient encerclés. Le dispositif était assez énorme. Nous nous sommes demandé ce qu’il se passait. Cherchaient-ils une arme? Deux, trois personnes du nôtre (NDLR: un des deux de la ligne 716 – Welkenraedt-Limbourg – qui circule à cette heure-là) ont été contrôlées.

Malheureusement, une d’entre elles n’avait pas validé son abonnement en entrant dans le bus. C’est alors qu’ils ont fait sortir tout le monde.»

Comme des dizaines, pour ne pas écrire des centaines, d’étudiants de la région, Clara Julémont (16 ans) a subi le contrôle organisé par le TEC, lundi en fin de journée, à Welkenraedt. Et, à l’image de beaucoup, elle a été outrée d’être accueillie par des policiers, armés, en gilets pare-balles. «Nous étions uniquement des étudiants, âgés de 11 à 18 ans. Je ne crois pas que nous méritions tout ça. Nous n’avons, en plus, pas été très bien traités: un contrôleur du TEC a demandé, sur un ton moqueur, à une personne qui n’avait pas validé son abo: ‘‘Vous ne prenez jamais le bus, ou quoi?”, tandis que j’ai eu droit à une remarque sévère car je prenais des photos des événements», raconte la jeune Goétoise.

«Sommes-nous dans un État militaire?»

Menés selon un calendrier bien précis, ces contrôles conjoints TEC-police sont réguliers sur les différentes lignes de la société publique. «Les policiers sont en appuis, au cas où ils doivent prendre le relais pour quelque chose qui dépasse les compétences de nos contrôleurs. Comme une absence de papier d’identité, un comportement suspect, la découverte de drogue», explique Stéphane Thiery, porte-parole du TEC. «Généralement, ils sont bien expliqués et rien n’est agressif. Je trouve que les parents devraient être davantage rassurés que mécontents de voir que des contrôles sont effectués.»

Ça n’a pas l’air d’être le cas de Flavia Barosco, la mère de Clara (et de deux autres jeunes, scolarisés à Welkenraedt, présents dans des bus «ciblés»). «Ce n’est pas le fait de contrôler qui me dérange, mais la manière dont ça a été fait ici. Ça ressemble à un traquenard. Je ne comprends pas. Je suis triste. Sommes-nous dans un État militaire? Je n’en veux pas à la police… mais sa présence était démesurée pour des étudiants», s’exclame-t-elle. «Une de mes filles a une amende de 10 euros, alors qu’elle a validé son abonnement. Si en plus leurs outils ne fonctionnent pas… Je ne compte certainement pas la payer. Et envoyer une lettre au TEC pour regretter les événements d’hier soir (NDLR: lisez lundi soir). »

 

[Brochure] Le viol ordinaire

Temps de lecture approximatif de la brochure : 10-15min. 8 pages.

Brochure aussi juste que percutante car traitant de la culture du viol sous caractère le plus sournois et surtout le plus répandu « le viol déguisé en amour, le viol de la soirée entre amis, le viol du foyer, le viol du petit copain… »
Ce récit personnel sous forme d’analyse d’une lettre écrite parle violeur témoigne du coté structurel de cette clé de voûte du patriarcat.

Dispo en papier à prix libre parmi les autres brochures de l’infothèque.
Check une date et un lieu d’ou on se posera et viens !
Sinon elle est toujours dispo ici, sur infokiosques.net.

[Terrorisme d’état] Ce que l’attentat contre Léopold II nous enseigne sur le terrorisme moderne

Cette article relayé par les journaflics du Soir – article ici – montre à quel point  des soi disants chercheurs universitaires peuvent être des larbins de l’autorité en faisant des parrallèles plus que douteux entre des anarchistes… et des islamistes. Tenter de trouver des points communs entre ceux qui veulent détruire le pouvoir et ceux qui veulent le conquérir (de l’extrême droite à l’extrême gauche) a toujours permis au Capital et à sa pseudo-démocratie de se faire passer pour l’unique société possible. De plus l’article contient un ramassis de conneries.. Ces « chercheurs » semblent oublier la peine de mort qui frappa de nombreux anarchistes ainsi que les dites Lois Scélérates. On remerciera quand même ces pignoufs de nous avoir fait connaitre Gennaro Rubino qui tenta d’assassiner l’un des plus sanglant bourreau de l’histoire belge et d’Europe dont la statue figure encore sur maintes place du pays.
– Ntk

Plusieurs parallèles peuvent être faits entre l’anarchiste Gennaro Rubino, qui tenta d’assassiner Léopold II le 15 novembre 1902, et les terroristes de notre époque.

ui se souvient de la tentative d’attentat contre le roi Léopold II ? La Fête du Roi marque l’anniversaire d’un acte terroriste majeur dans l’histoire belge, et pourtant tombé dans l’oubli. Le 15 novembre 1902, il s’en fallut de peu pour que Gennaro Rubino, un anarchiste italien, n’abatte le « roi bâtisseur » lors du Te Deum annuel. Au passage du cortège royal, Rubino tire plusieurs coups de feu, mais il manque sa cible. Avant d’être rapidement neutralisé, jugé et emprisonné. (1)

A la relecture de cet événement, certains parallèles avec le contexte de menace terroriste actuel apparaissent instructifs, voire troublants. Notamment si l’on se penche sur le profil de Rubino, qui reflète à bien des égards celui des jeunes djihadistes. Son « processus de radicalisation », comme on l’appelle aujourd’hui (le terme n’existait pas à l’époque), n’est pas sans rappeler celui de jeunes comme Abdelhamid Abaaoud ou Salah Abdeslam.

D’abord, comme d’autres aujourd’hui, il est admis que Rubino se serait radicalisé en prison dans les années 1890, notamment suite à sa rencontre avec un terroriste italien condamné à 20 ans de prison pour attentat à la bombe, qui le familiarise avec les théories socialistes utopistes et anarchistes.

Une dimension transnationale

Mais des idées radicales ne se transforment pas automatiquement en actions radicales. Ce n’est en effet que dix ans plus tard qu’il fomentera son attentat contre la monarchie belge. Dix années au cours desquelles il fréquente et milite auprès des milieux socialistes et anarchistes londoniens (on soulignera ici la dimension transnationale des réseaux anarchistes, comme des réseaux djihadistes). Comme dans la majorité des dossiers terroristes actuels, il est ardu de retracer précisément le « parcours de radicalisation » d’un individu, et de mesurer l’importance de chaque facteur. Souvent, les grandes causes se mélangent aux petites histoires personnelles. Chez Rubino, c’est une cascade d’événements qui va précipiter son passage à l’acte. Ceci sur fond de dépression et de tendances suicidaires, comme chez plusieurs terroristes contemporains.

Une idéologie « bricolée »

Au niveau de l’idéologie, Rubino se montre réceptif aux idéaux socialistes (il prénommera son enfant Marx) mais aussi aux thèses anarchistes. Ne pouvant visiblement se résoudre à choisir, il « bricole » sa propre idéologie en mélangeant différents éléments de celles-ci. Il se crée une idéologie sur-mesure, à la carte, à travers laquelle il construit sa propre vision du monde. Cette malléabilité doctrinaire est également quelque chose de fort présent dans le mouvement djihadiste actuel. Beaucoup de djihadistes européens maîtrisent mal les textes religieux, mais ils ont « bricolé » une idéologie qui leur permet de justifier leurs actes et, plus largement, leur existence.

Un passé délinquant

Un autre élément qui rapproche Rubino de nombreux terroristes modernes est son casier judiciaire. Le passé délinquant ou criminel de nombreux djihadistes, notamment ceux liés aux attentats de Paris et Bruxelles, est de notoriété publique. Plusieurs études ont montré que Daesh avait particulièrement recruté au sein de la jeune délinquance. Le lien entre criminalité et terrorisme n’est pas neuf, cependant. Rubino qui a fait de la prison à plusieurs reprises en est un bon exemple. Plus largement, les anarchistes avaient théorisé et institué le « droit de voler », et même de tuer à cette fin, tout comme des recruteurs djihadistes tels que Khalid Zerkani ont justifié le droit de voler les « mécréants » au nom du djihad.

Une vague meurtrière

Au-delà du cas spécifique de Gennaro Rubino, on pourrait également dresser un parallèle plus global entre le contexte actuel de menace terroriste élevée, et la menace anarchiste à la fin du 19e siècle et au début du 20e. Cette dernière visait les milieux bourgeois de manière indiscriminée («  aucun n’est innocent  », dira l’un d’eux à son procès) comme les djihadistes s’attaquent aux mécréants aujourd’hui. A une époque où les mesures sécuritaires étaient moindres, l’anarchisme a culminé avec l’assassinat de plusieurs souverains et présidents occidentaux. La Belgique ne fut pas épargnée par cette vague d’attentats, d’ailleurs. Entre 1874 et 1914, des dizaines d’attentats politiques furent commis. Le 4 avril 1900 un jeune bruxellois tire sur le Prince de Galles, le futur roi britannique Edouard VII, de passage à Bruxelles. Mais comme Rubino, il manque sa cible de peu.

Une méthode inefficace

Bien entendu, les parallèles historiques ont leurs limites, et il faudrait se garder d’essayer de lire l’avenir en regardant le passé. Ceci dit, quelques brèves leçons peuvent en être tirées. Tout d’abord, l’attentat de Rubino fut un échec total : non seulement le roi survécut, mais il en sortit grandi à une époque où sa popularité n’était pas au plus haut. Par ailleurs, contrairement à son ambition, Rubino n’initia pas une révolte populaire. Ceci souligne plusieurs réalités fondamentales du terrorisme : son côté marginal, limité à un petit groupe d’individus ; l’arrogante certitude de ceux-ci, persuadés d’écrire l’Histoire ; ou encore l’inefficacité du terrorisme à atteindre ses objectifs.

Que cet attentat soit totalement tombé dans l’oubli est aussi révélateur d’une autre vérité, conséquence des précédentes : le terrorisme ne dure pas. Avec le temps, les mouvements terroristes s’essoufflent et le caractère marginal de la menace n’en ressort que plus fortement. Jusqu’à ce qu’elle disparaisse, y compris de nos mémoires.

Un affaiblissement

Enfin, pour conclure, la leçon la plus importante est sans doute celle-ci : quand le terreau qui nourrit le terrorisme se tarit, la radicalisation s’affaiblit et le terrorisme finit par s’éteindre. Le terrorisme anarchiste cessa presque totalement à partir de 1900 car le mouvement ouvrier organisé, et surtout les syndicats, offraient à la classe ouvrière une perspective crédible pour sortir de la marginalisation et de l’exclusion sociale, et en tout cas une alternative aux bombes. La voie légale et constitutionnelle s’avéra plus efficace que la « propagande par les actes » pour forcer la réforme des droits politiques et sociaux, et apporter des améliorations à la vie quotidienne.

(1) Nous recommandons l’ouvrage de référence écrit par Anne Morelli (2006) : Rubino, l’anarchiste italien qui tenta d’assassiner Léopold II.

[Autogestion] Expériences autogestionnaires en Belgique (1/2)

La Belgique a connu à l’hiver 60-61 un grève générale causée en partie par une politique de rigueur dans un contexte de dette publique élevée, et de décolonisation du Congo Belge. L’industrialisation Belge a été l’une des plus précoce, et le taux d’emploi industriel est l’un des plus élevé d’Europe à cette période. Pourtant, l’industrie Wallonne (acier, mines, textiles,…) décline : défaut d’investissement, perte de débouchés, chômage élevé. En Flandres, à l’inverse, les capitaux affluent depuis la fin de la seconde guerre mondiale, de nouvelles industries se développent, et donnent un poids croissant à la région. La grève générale aura des conséquences politiques, et débouchera sur une demande d’autonomie plus grande de la Wallonnie.

Début des années 1970, la crise économique touche de plein fouet le tissu industriel wallon. Les fermetures d’entreprises se multiplient. Des travailleurs, privés brutalement de leur emploi, recourent à des nouvelles formes de luttes. Ils occupent les usines. Pour sauver l’outil ou garder les clients, ils produisent, vendent et suppléent le patronat défaillant. L’expérience autogestionnaire de Lip, à Besançon, en France, sert de modèle. Ce nouveau mode d’action qui remet en question le principe de la propriété de l’actionnaire et de l’autorité du patronat, puise sa justification dans les débats menés, dans la foulée de Mai 68, par le mouvement ouvrier sur le contrôle ouvrier, l’autogestion et la cogestion.

La Belgique connaît des expériences similaires, dans des entreprises où les travailleuses sont majoritaires. Elles s’engagent dans la lutte pour la sauvegarde de leur emploi. La création de coopérative de production autogérée est vécue comme un moyen de suppléer au manque d’initiative industrielle et comme alternative au chômage. Les deux organisations syndicales n’auront pas la même attitude. Si la FGTB (NDLR : centrale syndicale, tendance socialiste) soutient l’occupation des poêleries SOMY à Couvin, la plupart des expériences en autoproduction relève de la CSC [NDLR : centrale syndicat chrétien]. Elle créera en 1980, l’ASBL [NDLR : association sans but lucratif] «La Fondation André Oleffe1» pour assurer le suivi de ces initiatives industrielles et la formation des travailleurs à l’autogestion2.

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