[^^] Désarmons les..

Et plus récemment une version plus « dramatique ». Quand on vous dit que la Police gâche des vies !!

Une fonctionnaire de police a été tuée à Paris par un tir d'arme à feu venant d'un de ses collègues, dimanche 10 mars, a appris franceinfo de source proche du dossier. Les faits se sont déroulés au 36 rue du Bastion, le siège de la police judiciaire, près du palais de justice, dans le 17e arrondissement de la capitale. L'auteur du tir, un adjoint de sécurité, a manipulé son armé et appuyé accidentiellement sur la gâchette, touchant sa collègue en pleine tête.

Lire la suite sur francetvinfo, article du 10/03/2019.

[Antifascisme] Nouvelle vidéo de Guillaume Deloison

Fascisme : Restructuration autoritaire d’un capitalisme en crise. 


Cette définition nous est offerte par le triptyque brossé par Emilio Gentile dans Qu’est-ce que le fascisme ? Histoire et interprétation : « l’essence totalitaire du fascisme » et est articulée autour de ses trois dimensions constitutives : l’organisation (mouvement de masse où prévalent des jeunes organisés en parti milice et fondant son identité sur le sens de la camaraderie et une volonté de destruction de la démocratie parlementaire), la culture (mythique, identitaire et excluante, anti-égalitaire et hierarchique) et les institutions (appareil policier, parti unique, symbiose entre le parti et l’État, corporatisme économique, esprit impérialiste) ». 

C’est une base solide pour expliciter le combat antifasciste. J’ai découvert l’antifascisme et sa force théorique à nuit debout. Cette lutte m’a sorti d’un marasme subjectiviste et m’a appris ce que signifie politiquement la solidarité. l’antifascisme m’a appris à discerner les monstres qui se cache dans le clair/obscur des illusions, des espoirs déchues et de la colère. J’ai appris à regarder de face l’horreur de ce monde et sa banalité, la souffrance et la douleur qu’il a produit et tend à produire encore, et ce que le combattre implique, dans sa chair, dans son cœur, dans ses relations. Il y a bien pire que la violence, son injustice continue. Dans la situation actuel d’effondrement la lutte antifasciste est criante d’actualité et aucune révolution ne saurait se passer de son expérience. Parce que lutter contre toute obéissance, contre toute autorité et ses ravages est une nécessité : Je suis antifasciste. Ne pas l’être c’est fermé les yeux sur la trajectoire abominable du capitalisme, c’est laisser crever les autres dans le confort de l’apathie. 

Adapté d'un texte de Thomas Moreau

[Analyses] Il n’y a pas de gouvernement révolutionnaire

Pairi-daiza : urbanisation, destruction de l’environnement et tourisme de masse

[affiche] La liberté vient toujours avec un couteau entre les dents


Regardez autour de vous, mais faites-le avec vos propres yeux. Voyez-vous comment la planète est devenue une gigantesque poubelle industrielle ? Voyez-vous comment les États étranglent les esprits et portent la guerre et le massacre partout ? Voyez-vous comment tout repose autour de nous sur l’exploitation et l’oppression de milliards de personnes ? Pouvez-vous encore compter les millions de morts de cet immense bain de sang sur lequel ce monde a construit ses gratte-ciels, ses supermarchés et ses usines ? Les affamés, les noyés, les massacrés, les bombardés, les irradiés, les torturés, les voyez-vous toutes ces piles de cadavres entassés ?

Peut-être. Mais tout est fait pour que vous n’en voyiez rien. Vous êtes exploités au travail, où vous accomplissez des tâches dont le sens vous échappe, sans la moindre satisfaction. Vous produisez des objets nuisibles, des aliments toxiques, des instruments de mort, des marchandises inutiles. Vous surveillez votre semblable, vous le tenez en laisse par l’administration, les papiers, les allocations. Vous êtes contrôlés à chaque instant de votre vie, tenus à l’œil par mille caméras et anesthésiés par mille drogues et ersatz. Vous êtes dégradés en votre for intérieur, car vous vivez avec, pour et grâce aux appareils technologiques qui vous dominent. Vous ne voulez plus rien qui ne soit déjà pré-formaté pour vous, vous ne désirez plus rien qui ne s’affiche déjà sur les écrans. Vous ne faites, en fin de compte, qu’obéir.

Et pourtant, c’est à vous tous que nous adressons ces paroles. Car nous nous reconnaissons aussi dans ce sombre tableau. Il faut avoir le courage de regarder les choses en face, et de se regarder soi-même dans le miroir. Que sommes-nous devenus ?

Les ennemis de la liberté sont forts. L’État dispose de puissants moyens de coercition et de contrôle (de la police à l’armée, de la prison à l’école, de l’administration aux tribunaux). Les capitalistes ne cessent de progresser dans le perfectionnement de l’exploitation. Les chercheurs rajoutent chaque jour un nouveau barreau à notre cage technologique. Les politiciens, les chefs religieux, les intellectuels au service de l’ordre tiennent fermement en main les troupeaux humains.

Mais voyez-vous, rien n’est complètement perdu. Nous en sommes convaincus au plus profond de nos cœurs. Car d’autres choses sautent également aux yeux. Hier, ce sont des régions entières qui se sont insurgées au cri de la liberté  ; aujourd’hui, une vague de révolte déferle sur l’hexagone français et ailleurs. Des poignées d’insurgés lancent des attaques à tout va. Des casernes crament. Des entreprises crament. Des chantiers de nouvelles horreurs crament. Des institutions crament. Des laboratoires crament. Des antennes-relais crament. La rage montre ses dents.

Rien n’est complètement perdu. Chaque individu recèle en lui le choix de s’insurger. Seul ou avec d’autres, mais toujours en affrontant le pouvoir, en luttant. C’est le défi de la liberté qui réveille la dignité offusquée, la vie piétinée, le rêve aplati. Voilà pourquoi se battent les anarchistes, ces ennemis de tout pouvoir  : réveiller la liberté, la liberté qui viendra avec un couteau entre les dents.

Début février 2019, dans la Suisse montagneuse, un anarchiste a été jeté en prison [1]. On l’accuse d’avoir appelé à la révolte contre le pouvoir, et d’avoir agi contre l’État, le militarisme et la guerre, notamment en livrant aux flammes dix véhicules de l’armée suisse sur la base militaire de Hinwill en 2015 et en brûlant une antenne-relais des services de police à Zurich en 2016.

Ce compagnon anarchiste pris en otage par l’État est le nôtre. Solidaires avec lui, continuons de conjuguer la pensée libératrice et l’action destructrice, rivant nos regards sur l’ennemi. Solidaires avec tous les prisonniers anarchistes, continuons d’aller de l’avant sur les sentiers révolutionnaires de la seule guerre qui vaille : la guerre contre tous les oppresseurs et les exploiteurs, la guerre pour la liberté. Donnons à la vie l’exquise élévation de la rébellion du bras et de l’esprit.

Solidarité avec les prisonniers anarchistes

Mort à l’État

Des anarchistes de Zurich, Franche-Comté, la plaine d’Alsace et le massif vosgien, la Meuse, Paris et banlieue, Marseille, Bruxelles, Gand, Amsterdam, Barcelone, Berlin, Munich, South London, les Alpes occidentales, Trieste, Rome, Milan, Pise, Naples, le Salento, Sicile, Montréal.


Pour recevoir des exemplaires de cette affiche, vous pouvez écrire à anarchistes_solidaires@riseup.net

Note de Sans Attendre Demain :

[1] Une autre affiche est sortie en solidarité avec le compagnon incarcéré à Zurich.

18ème foire internationale du livre alternatif et libertaire

Des dizaines d’éditeurs et de distributeurs indépendants, des ONG et des groupes d’action de Belgique, des Pays-Bas, de France et du Royaume-Uni, entre autres, présenteront leurs publications à la foire.
L’accès au salon du livre est gratuit. Plusieurs stands présenteront des livres en français !
Les portes s’ouvrent à 10 heures et la foire se poursuit jusqu’à 18 heures à De Schuur/Timelab, Meibloemstraat 86, Gand.

Cette année, la Foire du livre alternatif de Gand est (bien sûr), accueillant également sa traditionnelle afterparty.

Après la foire du livre de cette année, nous aurons l’occasion de secouer une jambe sur les airs de :Nice Guys (Ska) et Black Vortex Engine (Dub)

Un des rares rendez-vous anar du plat pays !

 

Plus d’infos ici.

[Italie] La solidarité, c’est l’attaque !

Lu sur le blog Sans Attendre Demain.

Italie – Grèce : Face à la répression à Turin, Trente et Rovereto, la solidarité c’est l’attaque [7-21 février 2019]

[Ci-dessous une liste des manifs offensives et attaques réalisées en solidarité non seulement avec les compagnon-ne-s de Turin en proie à la répression (Pour leur écrire : Rizzo Antonio, Salvato Lorenzo, Ruggeri Silvia, Volpacchio Giada, Blasi Niccolò, De Salvatore Giuseppe – C.C. Lorusso e Cutugno, Via Maria Adelaide Aglietta, 35 10149 – Torino, Italie), mais aussi avec celles et ceux de Trente et de Rovereto arrêté.e.s le 19 février 2019, accusé.e.s de divers attaques incendiaires.]

Milan, 21 février : attaque d’une banque en solidarité

Cette nuit [du 20 au 21.02], nous avons attaqué la banque Intesa san paolo di Viale Umbria à Milan. Nous avons détruit toutes les vitres et le distributeur de billets au marteau.

Liberté pour les compagnon.ne.s de Turin !

Liberté pour les compagnon.ne.s de Trente et de Rovereto !

[Traduit par Sans Attendre]


Pinerolo, 21 février : Attaque en solidarité avec les anarchistes arrêté.e.s 

Cette nuit [entre le 20 et le 21.02.2019], nous avons attaqué le bureau de poste de Pinerolo, solidaires et complices avec les anarchistes arrêtés à Turin et dans le Trentin, et avec les compagnons arrêtés pour les événements de Florence et pour l’opération Scripta manent. SALVINI BOIA – L’ASILO EST PARTOUT »


Milan, 15 février : Action en solidarité avec les compagnons de Turin

Hier dans la nuit, nous avons brisé à coups de marteaux le DAB et les vitrines de la banque Intesa-San Paolode Via Meda. Sur la porte, le tag : « Liberté pour les compagnons arrêtés à Turin ».

On a choisi Intesa-San Paolo parce que c’est l’un des plus importants responsables de la gentrification du quartier Aurora [à prox. de l’Asilo à Turin], responsable par conséquent de l’expulsion de l’Asilo et, d’une certaine façon, de l’arrestation des compagnons.

Liberté pour tous, liberté pour toutes


Venise, 12 février : attaque d’un DAB

Dans la matinée du mardi 12 février, selon toute probabilité, quelques bourgeois ou touristes se seront retrouvés déconcertés et indignés de ne pas pouvoir retirer à l’Unicredit de San Pantalon à Venise, «Le terroriste, c’est l’État! Solidarité avec les arrêté*e*s de Turin!  » Les forces du M.A.L. ont encore frappé … dans le silence assourdissant des journaux infâmes, contre la ville vitrine, broyons-la ! LIBERTE  POUR TOU*TE*S


Turin, 10 février : Attaque incendiaire contre la prison

Dans la soirée du 10 février, lors de la manifestation devant la prison « les Vallettes » de Turin, après les émeutes qui ont suivi l’expulsion du squat l’Asilo, un cortège d’une centaine de personnes a avancé jusqu’aux abords de la prison en solidarité avec les personnes interpellées, des slogans « feu aux prisons » et quelques fumigènes ainsi que des cocktails Molotovs ont été lancés sur des murs de la prison. Un incendie a ensuite été déclenché par le jet d’un engin incendiaire au-dessus de l’enceinte de la prison (le compost et les ateliers de pâtisserie-boulangerie ont pris feu), les flammes ont fait exploser des bonbonnes de gaz et un pan de l’atelier s’est écroulé un peu plus tard dans la soirée.

Au sein de la prison étaient détenues les 11 personnes emprisonnées (libérées depuis) suite aux émeutes ayant suivi l’expulsion du squat de l’Asilo et les 6 personnes incarcérées lors de l’expulsion (pour association subversive).

[Reformulé de la presse par cracher dans la soupe (revue ici-même), 13.02.2019]


Thessalonique (Grèce), 9 février : explosion solidaire contre la chambre du commerce italo-grecque

Le samedi 9 février, nous avons attaqué la chambre de commerce italo-grecque de Thessalonique, laissant un engin explosif devant l’entrée principale, une action qui n’a pas été divulguée par les médias.

Cette attaque est une réponse à la répression exercée par l’État italien, avec le dernier exemple de l’opération d’expulsion de l’Asilo de Turin.

Au petit matin du jeudi 7 février, l’occupation a été expulsée et le même matin, six compagnons ont été arrêtés sous prétexte d’association subversive.
L’occupation existe depuis 24 ans et constitue un point de référence pour les actions continues menées contre les centres de détention pour immigrés, contre les expulsions de logements populaires et contre l’embourgeoisement des quartiers.
Ce coup répressif arrive à la fin d’un climat de persécution qui a frappé les anarchistes turinois ces dernières années, notamment par des arrestations, des obligations et des interdictions de séjour, et bien plus encore.

Cette attaque est un signe de solidarité envers les compagnons de Turin qui continuent à lutter
C’est aussi un signe de solidarité avec Spyros Christodoulou, en grève de la faim depuis le 14 janvier. Tiens bon Spyros.

CRÉONS DES LIENS DE SOLIDARITÉ ENTRE LES FRONTIÈRES QUI NOUS DIVISSENT

POUR UN MONDE SANS PRISON

SOLIDARITÉ AVEC L’ASILO OCCUPATO

LIBERTÉ POUR LES 6 ARRÊTÉS

LIBERTÉ POUR BATTISTI, MORT À L’ÉTAT

LIBERTÉ POUR LES PRISONNIERS DE L’OPÉRATION SCRIPTA MANENT ET PANICO

POUR L’ANARCHIE

[Publié sur indymedia athènes]


Turin, 9 février : manifestation et bordel en solidarité

Une manifestation a eu lieu en solidarité le 9 février, des voitures et des vitrines ont été attaqués, des poubelles en feu, un bus attaqué, également les portes de la mairie … 11 personnes ont été arrêtées toutes ont été libérés (avec obligation de pointer au comico pour tous et pour six d’entre elles un avis d’expulsion « foglio di via » de la ville de Turin a été émis).


Milan, 9 février : action en solidarité avec les arrêtés du Turin

Dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9, une succursale de la poste italienne de la rue d’Agrate a été attaquée. La porte d’entrée et le guichet automatique ont été brisés à coup de marteau. Un tag a été laissé « FEU AUX CPR » ET « SOLIDAIRE AVEC LES COMPAGNONS ARRÊTES A TURIN


Bologne, 7 février : cortège en solidarité avec les arrêtés de Turin

Jeudi 7 février au soir, un cortège composé d’une trentaine de personnes « solidaires avec les personnes arrêtées à Turin et avec l’Asilo en cours d’expulsion » (texte de la banderole de tête) a traversé les rues du quartier de Bolognina avec des interventions au mégaphone, tags sur les murs et collage d’affiches autour des faits de la journée.
Les vitres et les guichets automatiques d’une BPM brisées le long de la route.
La Banque Populaire de Milan est l’une des banques actionnaires de Alba Leasing, propriétaire de l’immeuble du futur Centre de rapatriement de Modène.

 

[Traductions de l’italien de roundrobin par Cracher dans la soupe]

Solidarité avec les personnes qui subissent la répression suite au G20 de Hambourg

Début juillet 2017, a eu lieu à Hambourg le sommet du G20. Les représentants des pays qui sont les patrons de l’économie mondiale ont planifié, lors de ces deux journées, comme continuer à maintenir ce système fait de misère, d’exploitation et de mort. Des manifestations, des blocages, des sabotages, des affrontements avec les forces de l’ordre, des pillages… (tout comme des attaques décentralisées les semaines précédentes) ont essayé, et à plusieurs reprises ont réussi, d’interrompre le fonctionnement normal de ce sommet. Le 6 juillet, jour de l’arrivée des politiciens, accompagnés de plus de 6000 personnes de leurs délégations, suivis à tout moment par plus de 3000 journalistes et protégés par 10000 policiers, était appelée une manifestation anticapitaliste avec le slogan « Welcome to Hell ».

Des milliers de personnes ont essayé de recevoir les dirigeants avec un grand cortège à travers la ville. Alors que la tête de la manif n’avait pas encore fait 50 mètres, la police a chargé, sans qu’il y ait eu aucune provocation ni incident, à coup de matraques, gaz et canons à eau ; cela n’est pourtant pas surprenant, puisque l’État n’utilise pas sa répression comme une réponse, mais comme une possibilité de frapper des idées et pratiques données. Arrêtons de penser notre action à partir des mesures coercitives : choisissons le moment de la confrontation.
En effet, il paraît que c’est à cette conclusion que sont arrivées des nombreuses personnes cette nuit-là, quand des dizaines de petits feux de joie ont illuminé une ville sous siège, où la seule circulation était celle des fourgons de police, des blindés et des canons à eau.
Au lever du soleil, il y avait encore de l’odeur de fumée. Le mot d’ordre de ce jour était de bloquer, dans la mesure du possible, les déplacements des gros bonnets qui se rencontraient avec l’intention de se rendre à un concert, ainsi que d’interrompre, ne fusse que pendant quelques instants, le flux de marchandises dans le port (le deuxième plus important d’Europe).
Avec plus ou moins de succès ont été réalisé des petits blocages, différents performances, des barricades… jusqu’à quand, à partir de 8 heures du soir, dans le quartier central de Altona, ont commencé des affrontements massifs avec la police. Les échauffourées ont duré jusqu’à tard la nuit, avec plus de 200 flics blessés. Par ailleurs, elles ont été joyeusement accompagnées par des pillages de supermarchés, des destructions de banques, d’agences immobilières et de parcmètres, par des barricades et des voitures de luxe en feu, ce qui a donné une note de couleur à cette chaude nuit estivale.
Pour le dernier jour du sommet, était prévue une tranquille manifestation unitaire qui aurait dû parcourir la ville, ce qui effectivement a été le cas. Mais, au même temps, la police, dépassée la veille et n’ayant eu qu’une faible ou nulle possibilité d’interpeller du monde, a lancé une chasse à l’homme à travers toute la ville. Quiconque avait la malchance de porter des gants, un sac à dos noir, un k-way ou quelque chose pour se couvrir le visage était suspect. Avec une attention particulière pour les personnes de nationalité espagnole, italienne ou française. De centaines de personnes ont été conduites au centre de détention temporaire installé pour l’occasion : deux hectares de terrain entourés de barbelés et replis de containers faisant office de cellules.

L’État commençait, ainsi, sa vengeance.
Des dizaines de personnes ont été ou sont inculpées, beaucoup d’entre elles avec de la prison préventive, certaines s’y trouvent encore aujourd’hui. La réponse solidaire ne s’est pas faite attendre. Des initiatives d’information ou de collecte de fonds ont eu lieu en toute Europe. Tout comme des actions et des sabotages nocturnes, tel des attaque de banques et d’ambassades.
Dans l’État espagnol, il y a eu deux grosse opérations orchestrées par le parquet allemand et exécutées, bien évidemment, par l’Audiencia Nacional [tribunal spécial espagnol ayant compétence sur tout le pays dans certains domaines, comme le terrorisme ; NdAtt.]. En mai 2018 il y a eu la première vague, avec des perquisitions dans des centres sociales et des maisons de Madrid. Le dernier épisode a eu lieu en octobre dernier, avec des nouvelles perquisitions à Madrid et Palencia.

La coordination des polices à niveau européen essaye d’augmenter l’efficacité répressive des États. Elle à pour but de persécuter les réseaux de solidarité et veut nous effrayer. Ils veulent nous faire peur. La révolté d’Hambourg leur a fait mal ; une tentative de démonstration de force de leur part a fini par mettre en évidence la possibilité de frapper au cœur la bête du Capital et de l’État.
Il doit y avoir une réponse à leurs attaques répressifs. La seule perspective que nous avons à l’esprit est celle de continuer la lutte. Hambourg a été une étincelle, un éclair, un moment dans un conflit, dans une guerre sociale. Une guerre qui continuera jusqu’à la complète destruction du capitalisme, de l’État et de l’autorité.

LIBERTÉ POUR TOU.TE.S LES PRISONNIER.E.S
LA GUERRE CONTINUE

[Ecologie radicale] Dernier bouquin de Deep Green Resistance

Depuis la page fb Editions libre

Découvrez notre dernier livre : Deep Green Resistance (https://editionslibre.org/…/deep-green-resistance-un-mouve…/).

Extrait :

« Une taxonomie de l’action

Nous connaissons tous les taxonomies biologiques, qui classent les organismes vivants du règne jusqu’à l’espèce, en passant par l’embranchement et le genre. Bien qu’il existe des dizaines de millions d’espèces vivantes ayant des formes, des tailles et des habitats très différents, il est possible d’utiliser une taxonomie afin d’identifier rapidement un groupe très réduit.
Lorsque nous cherchons des stratégies et des tactiques efficaces, nous devons trier des millions d’actions passées et potentielles, dont la plupart se sont soldées par des échecs historiques ou ont abouti à des impasses. Une brève et grossière taxonomie de la résistance peut nous faire gagner beaucoup de temps et nous épargner bien des angoisses. À l’aide d’une catégorisation des actions, nous pouvons déterminer rapidement quelles tactiques sont vraiment efficaces et appropriées pour sauver la planète (ainsi que pour de nombreux types plus spécifiques d’activisme visant la justice écologique et sociale). Une taxonomie de l’action peut nous suggérer des tactiques que nous n’aurions peut-être pas envisagées autrement.

Nous pouvons schématiquement diviser l’ensemble de nos tactiques et de nos projets en deux catégories : les actes d’omission et les actes de commission (figure 6-1, « Une taxonomie de l’action », p. 285). Bien entendu, ces catégories se recoupent parfois. Une manifestation peut être un moyen de faire pression sur un gouvernement, une manière de sensibiliser l’opinion publique, une tactique ciblée de perturbation économique, ou les trois à la fois, selon l’intention et l’organisation. Par ailleurs, une tactique peut parfois en soutenir une autre ; un acte d’omission comme une grève est susceptible d’être bien plus efficace lorsqu’il est accompagné d’une propagande et de manifestations.

Avant de procéder à un rapide tour d’horizon des options taxonomiques de résistance dont nous disposons, il convient de vous avertir. L’Histoire peut beaucoup nous apprendre, mais ses leçons s’accompagnent d’un certain fardeau. Oui, les histoires de ceux qui ont choisi de contre-attaquer et de lutter sont pleines de courage, de drames et d’ingéniosité. Et, oui, de leurs triomphes et de leurs échecs, nous pouvons nous inspirer, nous imprégner. Mais ce faisant, nous apprenons également, et tel est le fardeau de l’Histoire, qu’il n’y a aucune solution de facilité.

Dans Star Trek, tous les problèmes peuvent être résolus au dernier moment de la scène finale en inversant la polarité des boucliers déflecteurs ; mais cela n’a rien à voir avec la réalité, ou avec notre avenir. Chaque victoire de la résistance a été obtenue dans le sang et les larmes, au prix d’angoisses et de sacrifices. Ce que l’Histoire nous enseigne douloureusement, c’est que les moyens de résister sont limités, qu’ils ont déjà été inventés, et qu’ils impliquent tous une lutte intense et risquée. Lorsque les résistants l’emportent, c’est bien souvent parce qu’ils ont combattu avec plus d’acharnement que ce qu’ils pensaient possible.

Voilà l’autre partie du fardeau dont nous héritons. Quand nous aurons appris les histoires de ceux qui se sont battus – quand nous les aurons vraiment apprises, quand elles nous auront fait pleurer, quand nous les aurons gravées dans nos cœurs, quand nos corps les porteront comme l’ancien combattant porte ses éclats d’obus – nous n’aurons plus d’autre choix que de combattre nous aussi. Alors, seulement, nous pourrons espérer nous montrer dignes de ce qu’ils ont accompli. Certains ont combattu dans les conditions les plus hostiles et les plus épouvantables qu’on puisse imaginer ; ils sont nos prédécesseurs dans la lutte pour la justice et pour un avenir soutenable. Mais ceux qui luttent n’appartiennent pas qu’au passé, ils existent aussi au présent [« Le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent », disait Lucie Aubrac, NdT]. Et on ne les compte pas seulement parmi les êtres humains, mais parmi tous ceux qui ripostent.

Nous devons lutter. Si nous ne le faisons pas, nous mourrons, et pas uniquement dans le sens d’une mort physique. Lorsque vous aurez vraiment pris la mesure de l’abnégation, de la persévérance et de la bravoure dont les résistants ont fait preuve durant les périodes les plus sombres, il vous faudra soit agir, soit mourir en tant que personne morale. Nous devons combattre, non seulement pour triompher, mais pour montrer que nous sommes à la fois vivants et dignes de cette vie. »

Résumé
Depuis des années, Derrick Jensen pose régulièrement la question suivante à son public : « Pensez-vous que cette culture s’engagera de manière volontaire dans une transformation vers un mode de vie véritablement soutenable et sain ? » Personne, ou presque, ne répond par l’affirmative. Deep Green Resistance (DGR) commence donc par établir ce que les écologistes « mainstream » se refusent à admettre : la civilisation industrielle est manifestement incompatible avec la vie sur Terre. Face à l’urgence de la situation, les « technosolutions » et les achats écoresponsables ne résoudront rien. Pour sauver cette planète, nous avons besoin d’un véritable mouvement de résistance en mesure de démanteler l’économie industrielle.

Les auteurs
Derrick Jensen est un écrivain, un philosophe et un activiste états-unien, auteur de plus de 20 livres dont plusieurs best-sellers. Sa perspective est l’une des plus cruciales du mouvement écologiste. Parmi ses ouvrages, on retrouve notamment A Language older than Words, The Culture of Make Believe et les deux volumes de Endgame.
Lierre Keith est une écrivaine, féministe radicale, écologiste et militante pour la sécurité alimentaire. Son ouvrage Le mythe végétarien : Alimentation, Justice et Durabilité a été appelé « le livre écologiste le plus important de sa génération ».
Aric McBay est un militant et un petit agriculteur biologique. Il est également co-auteur, avec Derrick Jensen, du livre What We Leave Behind.

L’importance de ce livre
DGR évalue les options stratégiques qui s’offrent à nous, de la non-violence à la guérilla, et pose les conditions nécessaires à une victoire. Ce livre explore aussi les sujets, concepts et modes opératoires des mouvements de résistance et des grandes luttes de ces derniers siècles : les types de structures organisationnelles, les modalités de recrutement, la sécurité, les choix des cibles, etc. DGR n’est pas seulement un livre, c’est aussi un mouvement qui propose un plan d’action concret. Il s’agit d’une lecture obligatoire pour tout militant souhaitant comprendre les enjeux de notre temps, l’idéologie et les faiblesses de la culture dominante ainsi que les stratégies et tactiques de lutte efficaces.

Disponible sur la distro de l’Arrosoir, ici  ou chez votre libraire de quartier.